L' écobiotique, ou l’art d’habiter sainement
Préambule
De nos jours, nos habitations sont de plus en plus chargées en pollutions diverses dont la concentration est souvent plus importante à l’intérieur qu’à l’extérieur. Or nous passons environ 80% de notre temps à l’intérieur d’un bâtiment (habitation, lieu de travail, commerce, école, etc.)
De plus, notre existence, au moins en ce qui concerne le monde occidental, tend à se caractériser par le stress, les fatigues malsaines, le mal-être généralisé ainsi que les agressivités diverses dues à un environnement trop souvent dénaturé.
Ce constat doit nous faire prendre conscience qu’un changement de comportement, visant une meilleure qualité de vie, est inéluctable.
Cette démarche passe aussi par l’assainissement de notre lieu de vie, donc d’habitation et de travail.
S’il est évident que cela nous concerne tous, certaines corporations telles que les architectes, les planificateurs, et les urbanistes devraient, aujourd’hui plus que jamais, repenser l’acte de construire et avoir la volonté d’œuvrer en responsables, avec une vision globale, afin de diminuer la charge sur l’environnement ainsi que l’impact sur la santé des utilisateurs.
Au cours de ces deux derniers siècles marqués par le formidable développement de l’industrie et des technologies, nous avons oublié l’importante influence que peut avoir la qualité de l’habitat sur l’épanouissement des êtres vivants (humains, animaux et végétaux).
Faut-il le rappeler, la maison est beaucoup plus qu’un simple abri fait de quelques murs supportant un toit. Outre sa fonction de protection contre les intempéries, elle doit aussi nous permettre d’évoluer sainement tant au plan physique que mental et spirituel. C’est donc un lieu où l’on doit pouvoir se restaurer, se reposer, se ressourcer, voire créer ou méditer et pourquoi pas : s’isoler si le besoin s’en fait sentir.
Habiter sainement ne signifie pas un retour au passé ni austérité ou restriction de confort. Ca n’est pas non plus, comme certains pourraient le penser, un banal phénomène de mode ou un luxe réservé à quelques privilégiés. C’est bien plutôt le besoin de retrouver le plaisir simple mais légitime d’habiter un site où règne une ambiance agréable, une certaine chaleur - celle qui ne se mesure pas en degrés centigrades – grâce à l’harmonie et à la bonne circulation des énergies qui s’y trouvent.
Chacun peut mettre à l’épreuve sa propre sensibilité en testant la sensation obtenue en pénétrant dans une maison, un appartement ou dans un lieu public (magasin, restaurant). Si certains espaces vous invitent à prolonger votre présence parce que tout simplement vous vous y sentez bien, d’autres au contraire auront tendance à vous faire sortir au plus vite.
Bien sûr, on ne va pas changer la planète ni bouleverser le monde ; mais il existe des solutions pour rendre un lieu de vie plus accueillant et surtout plus bénéfique.
C’est précisément le but de la démarche écobiotique.
Une approche globale
L’Homme comme tous les êtres vivants doit son existence au milieu dans lequel il évolue et son bien-être est lié à l’équilibre de deux forces très influentes dans la biosphère : l’énergie cosmique et l’énergie tellurique (provenant de la terre).
Il s’agit de rayonnements bio-énergétiques aussi indispensables à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’habitation.
Toute la vie est régie par un système d’informations plus ou moins subtiles qui sont véhiculées par les divers aspects de l’énergie ; notamment par ce qu’on appelle l’effet de résonance, que l’on peut illustrer par cet exemple :
Deux guitares accordées de manière identique sont placées dans une même pièce. On fait vibrer une corde de l’une des guitares et, avec émerveillement, on peut entendre la même corde de l’autre guitare vibrer à son tour.
Et lorsqu’on tourne le bouton de notre poste de radio, c’est le même principe de résonance à une fréquence précise qui nous permet d’écouter la station choisie.
La maison vibre aussi en correspondance avec son
environnement et ses occupants selon le principe de résonance.

(dessins extraits du livre « Habitat et santé », de Gilbert Altenbach et Boune Legrais)
Notre 3e peau
Dans l’absolu, une construction écobiologique répond à un ensemble de critères et devrait aboutir à un habitat
en harmonie avec son environnement proche
accueillant, avec une atmosphère chaleureuse
bénéfique à la santé tant physique que psychique des occupants
conçu avec des matériaux si possible locaux, sains, biodégradables ou récupérables
consommant peu d’énergie (exploitant de préférence les énergies renouvelables)
facile à entretenir et d’un coût raisonnable ;
sobre mais cependant sans nuire au confort.
Bien sûr, la notion de confort n’est pas forcément la même pour chacun. Mais outre l’aspect visuel, subjectif et sentimental, elle est généralement relative à la température, au taux d’humidité, au « respire » (sa perméabilité à l’air et aux rayonnements naturels).
En écobiologie, on a coutume de dire, à juste titre, que notre maison est notre 3e peau.
En effet, comme notre corps (avec sa peau), comme nos vêtements (en fibres naturelles), la maison doit pouvoir « respirer » au travers de son enveloppe. Au-delà de sa fonction de protection, elle doit aussi assurer l’échange entre l’intérieur et l’extérieur, la filtration des C. O. V. (composés organiques volatiles), l’évacuation des gaz toxiques et des fumées, ainsi que la régulation de l’humidité intérieure.
On doit se sentir bien dans sa maison, comme dans son habit.
Or, aujourd’hui, nous devons constater que la construction telle qu’elle est pratiquée généralement apporte de nombreux désagréments. Trop de produits utilisés sont toxiques, engendrent des pollutions diverses, ne respectent pas l’équilibre écologique et encore moins l’équilibre biologique.
Il nous faut imaginer un nouvel art de construire et d’habiter, qui respecte l’homme et la nature, et qui privilégie le bon sens.
L’écobiotique
C’est un néologisme (voir glossaire) qui désigne un concept global, une approche pluridisciplinaires visant précisément à favoriser la santé et un bon épanouissement des êtres vivants par la recherche d’une qualité biotique optimale de leur lieu de vie.
Cette démarche englobe quatre domaines en interaction avec l’être humain et son habitat:
1/ géobiologie / feng shui
2/ écologie / environnement
3/ la bioarchitecture / bioconstruction
4/ l’hygiène de vie domestique
La géobiologie est tout à la fois une science, un art et une technique pour étudier l’influence de la Terre sur les êtres vivants. Jadis, ce que l’on nommait aussi « géomancie », consistait surtout en l’observation du site et à la détection des courants et rayonnements telluriques.
De nos jours, le champ de la géobiologie s’est considérablement élargi puisqu’on y étudie aussi l’impact sur la santé des produits inventés par l’homme.
Elle fait appel à des appareils de grande technologie mais aussi à la tradition, dont la radiesthésie, pour mesurer la qualité et l’intensité des vibrations d’un lieu, ainsi que détecter les ondes d’origines diverses et qui peuvent influer de manière positive ou négative sur l’habitant.
Parmi les sources géopathogènes, on peut citer notamment les cours d’eau souterrains, les failles géologiques ainsi que les réseaux telluriques. Ces derniers se présentent comme un quadrillage formé de deux « murs » invisibles qui se croisent perpendiculairement et qui recouvrent la majeure partie de la terre, dans l’épaisseur de la biosphère.
Si le réseau Hartmann est orienté selon les directions cardinales nord-sud et est-ouest, le réseau Curry, lui, s’étend en diagonale.
Ces phénomènes sont particulièrement nocifs sur leurs croisements (surtout s’ils se conjuguent avec une autre perturbation : une faille p. ex.) et pour cette raison, on évitera de placer son lit sur un tel emplacement; sous peine de voir se développer divers ennuis de santé (insomnie, fatigue générale, crampes, dépressions chroniques, etc.
Il faut préciser que la maladie a rarement pour seule origine les ondes nocives pouvant se trouver dans l’habitation ; mais ces ondes agiront comme facteur aggravant voire perturbateur sur l’organisme déjà sensibilisé.
A noter que le feng shui, qui est l’art d’harmoniser l’énergie vitale (Ch’i) d’un lieu de vie, est complémentaire à la géobiologie.
L’écologie, ici, est la prise en considération de ces deux notions fondamentales que sont la protection de notre environnement et le respect de la nature. Ces critères seront déterminants aussi bien pour le choix des matériaux que celui des sources d’énergies.
Dans ce sens, il sera tenu compte de l’écobilan qui donne notamment une information quantitative sur l’énergie grise (impact sur l’écosystème, énergie nécessaire à la transformation de la matière première et au transport, ainsi que la pollution engendrée).
La bioarchitecture a pour tâche de proposer d’une part une implantation et une orientation correcte sur le site en tenant compte des spécificités locales et d’autre part des formes et des couleurs harmonieuses ainsi qu’un aménagement intérieur qui facilitera une bonne circulation du Ch’i , le souffle vital ; (le Feng Shui pourra aussi être pris en considération dans cette démarche).
La bioarchitecture privilégie l’emploi de matériaux biocompatibles, ayant un écobilan favorable, issus de matières premières naturelles peu ou pas transformées et renouvelables.
Le choix des matériaux sera donc déterminé en tenant compte des 5 facteurs suivants :
environnemental, biologique, économique, fonctionnel et esthétique.
La pierre, le bois, la terre crue ou cuite (briques), la chaux, par exemple, sont d’excellents matériaux pour une construction écobiologique. A l’intérieur, on aura soin de choisir des peintures et des enduits dont tous les composants sont naturels ; de même pour les revêtements de sol.
En ce qui concerne les installations techniques, notamment pour l’électricité et le chauffage, les solutions préconisées seront celles qui sont non seulement économiques mais aussi écologiques et garantissant une certaine innocuité.
Quant à l’hygiène domestique (ou hygiène de vie en relation avec l’habitation), on entend par là un ensemble de suggestions et de mesures propres à garantir la salubrité de la maison.
Grâce à une bonne information et avec une attitude positive et responsable, on évitera par exemple l’utilisation de produits d’entretien toxiques, on veillera à réduire la consommation d’eau et d’élec- tricité, on favorisera une aération régulière et efficace des locaux, on saura quelles plantes peuvent contribuer à diminuer sensiblement la pollution intérieure, etc,
Finalement, la démarche écobiotique peut se résumer à ces 4 grands principes :
1/ construire au bon endroit ; grâce à la géobiologie
2/ préserver notre environnement ; grâce à l’écologie
3/ construire sainement ; grâce à la bioarchitecture
4/ habiter sainement ; grâce à l’hygiène domestique.
C’est l’Art d’habiter sainement … et avec sagesse !

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